Une œuvre d’art peut avoir besoin d’un certificat d’exportation pour quitter la France, et d’une licence européenne pour sortir de l’Union. Tout dépend de sa catégorie, de son ancienneté et de sa valeur. Pour une peinture, le certificat est exigé au-delà de 50 ans d’âge et de 150 000 € de valeur. Le délai d’instruction peut atteindre quatre mois : c’est lui qui décide souvent de la date de livraison.
L’essentiel
- Certificat d’exportation : nécessaire pour sortir de France, même vers un pays de l’Union, au-delà de certains seuils.
- Licence d’exportation : s’ajoute au certificat pour une sortie hors de l’Union européenne.
- Peinture : plus de 50 ans et 150 000 € ; sculpture et mobilier : plus de 50 ans et 50 000 €.
- Une œuvre de moins de 50 ans ou appartenant encore à son auteur n’est pas concernée.
Les seuils selon le type d’œuvre
| Catégorie | Âge | Valeur à partir de |
|---|---|---|
| Peintures | plus de 50 ans | 150 000 € |
| Aquarelles, gouaches, pastels | plus de 50 ans | 30 000 € |
| Dessins, estampes, photographies | plus de 50 ans | 15 000 € |
| Sculptures | plus de 50 ans | 50 000 € |
| Mobilier | plus de 50 ans | 50 000 € |
| Objets archéologiques | plus de 100 ans | quelle que soit la valeur |
Ces seuils sont ceux publiés par l’administration. Ils peuvent évoluer : vérifiez-les auprès du ministère de la Culture avant d’engager une vente importante.
Le certificat d’exportation
Il atteste que l’œuvre n’est pas considérée comme un trésor national. La demande est instruite par le ministère de la Culture, qui dispose de quatre mois pour répondre ; sans réponse, le certificat est réputé accordé. Il est en principe valable de façon permanente, et suit l’œuvre en cas de changement de propriétaire. Pour les biens de moins de 100 ans, il doit être renouvelé tous les 20 ans.
La licence d’exportation européenne
Pour une sortie hors de l’Union européenne, une licence d’exportation s’ajoute au certificat. Elle est instruite en deux mois au plus, utilisable une seule fois et valable un an. C’est elle qui est présentée en douane au moment de l’export.

Les cas où rien n’est nécessaire
- une œuvre de moins de 50 ans ;
- une œuvre qui appartient encore à son auteur ;
- une œuvre en dessous des seuils de valeur de sa catégorie ;
- un bien importé légalement en France depuis moins de 50 ans, qui bénéficie d’un certificat de droit.
Notre conseil : lorsqu’une vente à l’étranger se profile, lancez la demande de certificat avant de fixer une date de livraison avec l’acheteur. Le transport se règle en quelques jours ; l’autorisation peut prendre des mois.
Exposition temporaire à l’étranger
Une œuvre prêtée pour une exposition hors UE peut voyager sous carnet ATA ou sous admission temporaire, ce qui évite les droits à l’importation. Cela ne dispense pas des autorisations propres aux biens culturels lorsque l’œuvre dépasse les seuils.
Questions fréquentes
Un artiste vivant doit-il demander un certificat pour exporter ses œuvres ?
Non, tant que l’œuvre lui appartient. Il présente simplement un inventaire en douane lors du passage de la frontière.
Le certificat est-il nécessaire pour envoyer une œuvre en Belgique ?
Oui si l’œuvre dépasse les seuils : le certificat est exigé pour toute sortie du territoire français, y compris vers un pays de l’Union. La licence, elle, ne concerne que les sorties hors UE.
Que se passe-t-il en cas de refus ?
L’œuvre est alors reconnue comme trésor national et ne peut pas quitter définitivement la France. L’État dispose d’un délai pour proposer de l’acquérir.
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